Différencier les évaluations

C’est quelque chose que j’adore faire, différencier les évaluations. C’est un boulot de ouf, mais qu’est-ce c’est satisfaisant ! De base, je différencie mes évaluations, légèrement : une version pour le gros de la troupe (les élèves qui sont en mesure d’atteindre les compétences que je vise dans la séquence), une version pour les élèves en grande difficulté (sans aller en deçà du socle, mais avec des étayages et des consignes encore plus explicites), une version pour les zozos qui carburent particulièrement fort et qu’il faut emmener plus loin. Selon les séquences, les thèmes, ce ne sont pas les mêmes élèves qui peuplent chaque catégorie. Ce sont les interventions des élèves, leurs questions, leur travail observé pendant les séances d’exercices et les petites éval intermédiaires qui me permettent de fixer le curseur.

Mais ces variations-là sont mineures : la trame de l’évaluation est la même.

Pendant ces vacances, j’avais un projet : rattraper le binz dû au caractère facultatif des deux derniers jours de classe pour mes élèves de 5e. Parce que le jeudi avant les vacances, nous avions une évaluation prévue. Or il m’en manquait un paquet, mais les présents voulaient faire leur évaluation, pour laquelle ils avaient travaillé spécifiquement.

Comment faire pour ne désavantager personne, et même, si possible, permettre à tous ceux qui le peuvent de profiter encore plus à fond de ces évaluations comme du moment d’apprentissage qu’elles sont ? Voilà ce que j’ai décidé de faire :

  1. Les présents ont fait leur évaluation, le jeudi avant les vacances. J’ai évalué tout ce qui est en bonne voie, acquis ou dépassé. Je n’ai pas relevé les non acquis ou les en cours d’acquisition, qui correspondent aux niveaux de compétences insuffisants pour valider une compétence : j’ai annoncé que ce serait réévalué à la rentrée.
  2. J’ai mis sur Pronote le sujet de l’évaluation et rendu aux présents leurs bilans de compétences. Ainsi, les présents savent quoi retravailler et les absents peuvent travailler l’évaluation pour s’entraîner. Les absents ne sont pas désavantagés.
  3. J’ai fait le bilan de chaque point à réévaluer, pour chaque présent. Cela m’a donné 7 évaluations différentes : le but est de les interroger à nouveau sur ce qu’ils ne savaient pas faire, et de leur permettre ensuite d’aller plus loin :
  • Version 1 : des exos différents pour interroger les mêmes compétences (pour les absents et pour ceux qui n’ont pas su faire mais n’ont pas de besoin particulier, en dehors celui d’apprendre sa leçon et de mieux écouter en classe) ;
  • Version 2 : une version étayée par des points de cours et des consignes hyper explicitées, pour les élèves en grande difficulté ;
  • Version 3 : tout est acquis, on va plus loin les loulous ! Cela concerne quand même 7 élèves sur mes deux classes, ce qui n’est pas si mal !
  • Version 4 : la somme des angles d’un triangle et les tâches complexes, ça ne va pas.
  • Version 5 : la somme des angles, c’est fragile, il faut confirmer. Il y a confusion entre les hypothèses et la conclusion (type : les droites sont parallèles car les angles correspondants sont égaux, et donc les angles correspondants sont égaux, puisque les droites sont parallèles). Et les tâches complexes sont à reprendre ;
  • Version 6 : les tâches complexes sont à reprendre mais tout le reste c’est bien ;
  • Version 7 : comme la version 5, sauf que la somme des angles est bien mémorisée et utilisée.

Bon, forcément, j’ai passé un peu de temps sur ces préparations. Mais une fois trois sujets (les versions 1, 2 et 3) concoctés, il ne s’agit plus que de jeux de combinaisons. Et je vais pouvoir faire aller chacun plus loin, en évaluant plus finement. Et sans que personne n’y perde. Même pas moi : ce ne sera pas du temps de correction perdu, mais du temps de correction allongé.

J’aimerais bien pouvoir procéder toujours ainsi. En allant aussi loin que ça. Mais au quotidien, c’est parfois impossible, vu la charge de travail.

5 comments

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  3. […] Différencier les évaluations. C’est quelque chose que j’adore faire, différencier les évaluations. C’est un boulot de ouf, mais qu’est-ce c’est satisfaisant ! De base, je différencie mes évaluations, légèrement : une version pour le gros de la troupe (les élèves qui sont en mesure d’atteindre les compétences que je vise dans la séquence), une version pour les élèves en grande difficulté (sans aller en deçà du socle, mais avec des étayages et des consignes encore plus explicites), une version pour les zozos qui carburent particulièrement fort et qu’il faut emmener plus loin. Selon les séquences, les thèmes, ce ne sont pas les mêmes élèves qui peuplent chaque catégorie. […]

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