Poule mouillée !, deuxième regard

Il y a quelques temps, je vous ai présenté le jeu Poule mouillée !, qui me semblait bien adapté à mes élèves en ULIS. En fait, je le trouve vraiment très bien, et pas seulement en ULIS, mais aussi à l’école, voire aussi en 6e. Et c’est un très bon jeu d’ambiance : aujourd’hui, en famille sur trois générations, nous nous sommes bien amusé(e)s.

Lorsqu’on joue, on est amené à effectuer des additions et des soustractions simples (mais il peut y avoir des retenues ; en général on ne dépasse pas 30), calculer des doubles (là, on peut dépasser 30) et s’engager gentiment vers quelques choix stratégiques, et finalement l’importance et la marge de manoeuvre de ces choix est plus importante que ce que j’avais envisagé au départ. C’est un bon jeu pour les élèves qui doutent d’eux (car on ne choisit que peu ce qu’on joue) ou qui ont des difficultés à opérer des choix, justement. C’est aussi un très bon jeu pour apprendre les additions et les soustractions, d’autant que l’on peut travailler la réversibilité des deux opérations, en chemin.

Au départ, les cartes sont distribuées entre tous les joueurs de façon équitable, et constituent des piles de cartes faces cachées. Le but est de se débarrasser de toutes ses cartes le plus vite possible.

Pour cela, on joue deux cartes quand on entame, et une carte sinon. De base, on retourne la carte posée en haut de sa pile, à son tour, et on l’additionne à la somme précédente. Mais si la carte est rouge, on peut décider de la soustraire. Certaines cartes sont spéciales : une carte remet la somme à 0, une autre à 20, une autre encore additionne la même valeur (ou la soustrait, si la carte précédente était rouge et que tel est le choix du joueur) ou la même action que la dernière posée.

Mais attention au 21. Si un joueur dépasse 21 en posant sa carte, il prend tout le paquets de cartes déjà jouées et les place sous son paquet de cartes, et le joueur suivant entame. Pas top pour accéder à la victoire. En revanche, si un joueur obtient 21 pile poil, il fait cocorico : il se débarrasse le jeu de la pile de cartes jouées et entame lui-même ensuite, en posant autant de cartes qu’il le souhaite, sans dépasser 21. C’est un peu risqué de nouveau car il faut savoir s’arrêter, mais c’est une belle occasion de se débarrasser de beaucoup de cartes d’un coup. Mon papa a gagné en faisant trois cocoricos d’affilée. Et avec panache.

Lorsqu’on a déjà atteint au moins 11, on peut choisir de faire “poule mouillée” : on préfère jouer la sécurité, prendre les cartes et on ré-entame soi-même. le gain est modéré, mais parfois il change la suite de la partie.

Il faut calculer un peu vite, et c’est un objectif robuste pour un certain nombre d’élèves. Il est nécessaire de mémoriser la somme précédente, et la mémoire à court terme est engagée. D’ailleurs, je pense proposer du matériel de numération et une ardoise à celles et ceux que cela soutiendra.

Pour aller plus loin, je pense qu’avec mes élèves de 4e au moins je vais proposer qu’on ne bloque pas à 0 lorsqu’on soustrait. Ainsi nous irons dans les relatifs.

Et le dos des cartes est très très mignon…

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