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La société inclusive, parlons-en !

Ah bin oui, bonne idée. “La société inclusive, parlons-en !” est le titre d’un ouvrage de Charles Gardou, avec un sous-titre tout aussi essentiel : “Il n’y a pas de vie minuscule”. Ce livre, édité chez Erès, est d’une lecture claire et fluide, et il est essentiel. S’il vous plaît, lisez-le. Lisons-le. Offrons-le, prêtons-le, faisons-y référence. Les mots de Charles Gardou portent des idées tellement cruciales qu’il faut les porter plus loin, partout. J’ai beaucoup aimé les multiples références littéraires, aussi, et les narrations de vie de personnes abimées et aussi précieuses que toutes autres.

Une société inclusive défend non seulement le droit de vivre mais aussi celui d’exister

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, page 85

J’aurai voulu vous citer un seul extrait, mais je n’ai pas réussi. J’ai quand même été très très raisonnable, je trouve.

Ca, c’est pour mes élèves, qui ont grand besoin de prendre conscience de leur altérité :

A chaque naissance advient un être initial, nouveau ; un semblable à nul autre pareil, dont les dispositions et les qualités ne peuvent se réaliser que dans une aventure originale. Aucun être identique n’a existé, n’existe et n’existera. De cette réalité découle l’irréductible diversité des hommes : ils sont des exemplaires d’une même espèce, reliée par l’expérience de l’imperfection et, simultanément, des réalisation uniques, inassimilables les unes aux autres.

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, page 50

Ca, c’est pour les partisans de l’uniformité :

Il n’existe ni norme ni conformité absolues. (…) L’exclusivité d’une norme, culturellement construite, au gré du temps ou des cultures, et imposée par ceux qui se conçoivent comme la référence de la conformité, aggrave les rapports de domination et de violence auxquels sont exposés les personnes sont un dysfonctionnement physique ou mental amplifie la dépendance.

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, page 51

J’aime beaucoup l’image de la sève dans le tronc commun :

La gageure d’une société inclusive (…) est d’opérer des brèches dans les murs. D’édifier, non des barricades, mais des passerelles entre les territoires compartimentés et clos, contre autant de remparts contre la brutalité de l’exclusion. D’ouvrir des voies inédites à ceux qui attendent dans des impasses ; de faciliter la circulation de la sève dans le tronc commun.

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, pages 60 et 61

Charles Gardou a un avis intéressant et dissonant sur les besoins particuliers : selon lui, la “nouvelle catégorie” des EBEP (et plus généralement des personnes à besoins particuliers) va à l’encontre d’un esprit inclusif, car cela les éloigne du désir inhérent à la vie humaine. Je n’ai pas bien compris ce passage, et il renvoie à un autre ouvrage, dans les notes, qu’il faudrait que je lise aussi pour creuser.

Les sociétés se disculpent volontiers de la multiplicité et de l’ampleur des phénomènes discriminatoires incessamment reproduits. (…) Préférant l’anesthésie à l’insomnie, elles rechignent à affronter la réalité.

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, page 121

Allez, une dernière :

Tant qu’il y aura des classés et des déclassés, des glorifiés et des humiliés, le mot évolution restera dénué de sens, car il suppose de cheminer avec les plus fragiles, non de se complaire entre soi.

La société inclusive, parlons-en !, Il n’y a pas de vie minuscule, Charles Gardou, pages 150 et 151

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